NDP001 - Le sanglier et l'oiseau lézard

  • Dessin (50 x 70 cm)
  • crayon graphite
  • 2024
1200
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Le dessin représente deux figures sculpturales inspirées des chimères du XIXᵉ siècle imaginées par Eugène Viollet-le-Duc pour les hauteurs de Notre-Dame de Paris. Posées comme en vigie sur les galeries, ces créatures hybrides semblent observer silencieusement la ville, incarnant à la fois la puissance terrestre et le mystère du monde invisible.

À gauche, le sanglier apparaît massif, campé sur ses appuis, la tête légèrement inclinée vers l’avant. Ses défenses marquées et son regard déterminé traduisent une force brute et une volonté farouche. Dans l’imaginaire médiéval, le sanglier symbolise le courage et la combativité, mais aussi une énergie indomptée. Héritier de traditions plus anciennes, notamment celtiques, il évoque également le savoir caché et une forme d’autorité spirituelle. Toutefois, dans la lecture chrétienne, cette puissance peut aussi être ambiguë, rappelant les excès de la chair et les instincts qu’il convient de maîtriser.

À droite, la créature ailée, semblable à un oiseau-lézard, introduit une dimension plus énigmatique. Son corps allongé et reptilien contraste avec ses ailes déployées, qui suggèrent l’élévation et le passage entre les mondes. Son regard perçant semble scruter l’invisible. Le lézard, symbole de régénération grâce à sa capacité à se renouveler, renvoie ici à l’idée de métamorphose et d’adaptation. Associé aux ailes, il devient une figure de transition, un médiateur entre la terre et le ciel, entre le visible et le spirituel.

Ensemble, ces deux figures forment un dialogue symbolique. Le sanglier incarne la force enracinée dans la matière, tandis que l’oiseau-lézard évoque le mouvement, la transformation et l’élévation. Cette dualité reflète une vision médiévale du monde, où les créatures fantastiques ne sont pas de simples ornements, mais des signes chargés de sens. Comme les gargouilles dont elles s’inspirent, elles participent à une fonction protectrice : éloigner les forces maléfiques tout en rappelant aux hommes la complexité de leur propre nature, tiraillée entre instinct et spiritualité.

Ainsi, le dessin ne se limite pas à représenter deux animaux fantastiques : il met en scène un véritable langage symbolique, où chaque forme devient le reflet d’un enseignement moral et spirituel.

Encadré avec passe-partout 70/90

  • Technique : Dessin (crayon graphite)
  • Année de réalisation : 2024
  • Hauteur : 50 cm
  • Largeur : 70 cm

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