NDP044 - Le rapace triste
- Dessin (40 x 30 cm)
- crayon graphite
- 2025
Dessin au crayon graphite des statues érigées par Violet le Duc sur les galeries des tours de Notre-Dame de Paris.
Dans la marque tremblée du trait, la chimère prend vie, non pas dans la fureur des monstres, mais dans une mélancolie suspendue. Corps fragmenté, ailes repliées et sans élan, elle porte en elle l’ombre d’un rapace qui ne chasse plus. Son regard, creusé d’absence, ne scrute ni proie ni horizon : il semble se tourner vers un ciel silencieux, déserté de réponses.
Cette créature, née de l’imaginaire, épouse pourtant une vérité ancienne. Dans la chrétienté médiévale, le rapace est double : messager des hauteurs, il incarne l’élévation de l’âme, mais aussi la solitude de celui qui s’éloigne du monde terrestre. Aigle ou faucon, il regarde le soleil — image du divin — sans ciller, mais s’expose ainsi au vertige de la distance, à l’isolement de la quête spirituelle.
La chimère, en mêlant les formes, trouble cet équilibre. Elle devient symbole d’un esprit égaré, tiraillé entre aspiration céleste et pesanteur terrestre. Ses ailes ne sont plus promesse d’ascension, mais mémoire d’un élan brisé. Sa tristesse n’est pas faiblesse : elle est lucidité. Elle sait que s’approcher du divin, c’est aussi accepter de ne jamais le saisir pleinement.
Ainsi, le dessin ne montre pas un monstre, mais une prière inachevée — une créature suspendue entre foi et doute, entre ciel et chute.
Encadré avec passe-partout 40/50
- Technique : Dessin (crayon graphite)
- Année de réalisation : 2025
- Hauteur : 40 cm
- Largeur : 30 cm
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