NDP042 - Nimbadon
- Dessin (40 x 30 cm)
- crayon graphite
- 2025
Dessin au crayon graphite des statues érigées par Violet le Duc sur les galeries des tours de Notre-Dame de Paris.
Dans l’enluminure silencieuse d’un bestiaire oublié, surgit une créature que nul âge n’a connue, et que pourtant l’âme reconnaît : la chimère au corps de nimbadon. Sa masse douce, héritée des terres anciennes, évoque la stabilité du monde créé, une chair façonnée dans la patience du limon et de la poussière. Mais de ses flancs naissent des formes impossibles — ailes incomplètes, regards multiples, et peut-être l’ombre d’un autre règne, comme si la Création elle-même avait hésité.
Dans la symbolique de la chrétienté médiévale, une telle figure n’est jamais vaine. Elle parle en énigme. Le nimbadon, paisible herbivore transfiguré en chimère, devient le signe d’une nature troublée par la Chute. Ce qui était simple est devenu composite, ce qui était unifié s’est fragmenté. La créature incarne alors l’âme humaine, tiraillée entre l’innocence première et les altérations du péché.
Ses membres discordants ne sont pas monstruosité, mais parabole : ils disent la lutte intérieure, la coexistence du terrestre et du spirituel, du docile et du sauvage. Si elle porte des ailes, elles ne la font pas fuir la terre — elles rappellent seulement la promesse d’élévation, encore entravée.
Ainsi, contempler cette chimère, c’est lire un sermon sans paroles. Elle invite à reconnaître en soi cette étrange alliance d’ombre et de lumière, et à chercher, au-delà des formes disjointes, l’harmonie perdue que seule la grâce peut restaurer.
Encadré avec passe-partout 40/50
- Technique : Dessin (crayon graphite)
- Année de réalisation : 2025
- Hauteur : 40 cm
- Largeur : 30 cm
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