NDP035 - Couple de monstres

  • Dessin (30 x 50 cm)
  • crayon graphite
  • 2025
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Dessin au crayon graphite des statues érigées par Violet le Duc sur les galeries des tours de Notre-Dame de Paris.

Perchés au sommet d’une tour de pierre, deux monstres veillent. Leurs silhouettes difformes se découpent dans la pâle lumière, comme des cicatrices dans le ciel. Leurs yeux, vastes et inquiets, glissent sur la ville endormie en contrebas — un labyrinthe de toits serrés, de ruelles étroites, et de vies fragiles qu’ils semblent à la fois craindre et protéger.

Ils ne rugissent pas. Ils observent.

Le vent murmure entre les créneaux, portant avec lui les échos lointains des cloches et des prières. Les monstres se penchent, tendus, comme si la ville contenait un secret trop lourd pour rester enfoui. Leurs griffes agrippent la pierre, non pour attaquer, mais pour ne pas tomber — ou peut-être pour ne pas céder à ce qu’ils sont.

Dans la symbolique de la chrétienté médiévale, ces créatures ne sont pas seulement des bêtes. Elles incarnent les peurs tapies dans l’âme humaine : le péché, le doute, la tentation. Placées en hauteur, aux marges sacrées des édifices, elles deviennent gardiennes paradoxales. Elles rappellent que le mal existe, qu’il rôde, qu’il observe — mais qu’il est tenu à distance.

Ainsi, ces deux monstres, figés dans leur inquiétude, ne dominent pas la ville : ils la surveillent au nom d’un ordre qui les dépasse. Ils sont les témoins silencieux d’un combat invisible — entre ombre et lumière, chute et rédemption.

Et dans leur regard tremblant, peut-être se reflète-t-il une vérité plus profonde encore : que même les figures du mal, dans la pierre des cathédrales, sont appelées à servir la lumière.

Encadré avec passe-partout 40/60

  • Technique : Dessin (crayon graphite)
  • Année de réalisation : 2025
  • Hauteur : 30 cm
  • Largeur : 50 cm

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